#EF2019: Le « Röstigraben » ou barrière de rösti en français est une expression incontournable de la politique suisse. Ce terme est souvent utilisé pour caractériser le clivage politique entre les électeurs/rices romand·e·s et suisse allemand·e·s lors des votations fédérales. Cependant, du côté des politicie·ne·s et des partis, l’expression est beaucoup plus rare et amène à se poser la question: les partis connaissent-ils eux aussi une ligne de tension au sein de leurs rangs entre Romands et Suisses allemands?

Dans le cadre de cet article, nous nous sommes intéressés aux candidat·e·s des six plus grands partis (UDC, PS, PLR, PDC, Les Verts et pvl) aux élections fédérales 2019. Les réponses des candidat·e·s sont présentées sous forme agrégée par parti parti [1].

La composition linguistique du Conseil national

Lors des élections au Conseil national, les sièges sont répartis entre les cantons proportionnellement à la population résidente permanente. Plus un canton est peuplé, plus il obtient de sièges. La représentativité linguistique dans les partis dépend alors de la force du parti en question dans les différentes régions. Pour la législature 2015-2019, les six plus grands groupes du Conseil national présentaient la composition linguistique suivante:

Pour la législature 2019-2023, une représentation francophone plus importante est à noter. En effet, suite à l’augmentation de leur population, les cantons de Vaud et de Genève bénéficieront tout deux d’un siège supplémentaire.

Des profils politiques divergents?

En se penchant de plus près sur les profils politiques des candidat·e·s germanophones et francophones, on remarque globalement que seules de légères différences apparaissent. Les partis semblent en effet ne pas connaître de « Röstigraben » à proprement parler.

Malgré l’harmonie générale qui semble régner, on notera tout de même deux principales tendances corrélées avec la langue des candidat·e·s: les germanophones semblent légèrement plus enclins à soutenir une politique migratoire restrictive ainsi qu’une politique économique libérale. Quant à eux, les francophones semblent tendanciellement plus favorables à soutenir la présence d’un État social fort.

Certaines questions plus propices aux clivages

Les graphiques présentés ci-dessus ne permettent pas de parler d’un clivage linguistique face aux principaux axes politiques. Cependant, en affinant l’analyse et en s’intéressant à certaines questions en particulier, des points de désaccord semblent resurgir:

L’introduction du droit de vote et d’élection au niveau communal pour les personnes étrangères résidant en Suisse depuis au moins 10 ans laisse par exemple apparaître un écart entre les sections romandes et suisses-allemandes du PDC et du PLR. Pour l’augmentation des contributions des assuré·e·s aux coûts de la santé, c’est ici un écart au sein de l’UDC qui semble se creuser. La réforme de la péréquation financière, souvent propice aux tensions entre les cantons, semble finalement elle aussi présenter des divergences des deux côtés de la Sarine.


[1] Méthode: Les candidat·e·s pouvaient répondre « oui », « plutôt oui », « plutôt non » et « non » aux questions. Les réponses « plutôt oui » et « plutôt non » ont été recodées pour obtenir un taux d’approbation de 0 à 100 (0 = rejet, 100 = approbation). Les réponses des candidat·e·s des jeunesses de partis ont été inclues dans le calcul de la position de chaque parti. L’attribution des candidat·e·s à une région linguistique est basée sur la langue indiquée par les candidat·e·s.

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